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Lundi 20 août 2007 1 20 /08 /Août /2007 16:03
Voici la traduction de la première partie de la vidéo suivante (http://video.google.com/videoplay?docid=-1993368502337678412), qui est en fait une conférence d'une femme qui s'appelle Jean Kilbourne. Cette conférence concerne l'image de la femme dans la publicité, et l'influence que la publicité a sur la façon dont nous nous percevons. La traduction de la seconde partie est à venir. Comme le document est à la base une vidéo et que l'argumentation s'appuie sur des images, j'ai dû faire quelques découpages dans le texte , mais l'important est conservé. Bonne lecture!



Killing us Softly : L’image de la femme dans la publicité
 
 
Il y a de nombreuses années j’ai vu une publicité qui a changé ma vie. A cette époque mon travail consistait à mettre des publicités dans une revue médicale, et l’une d’entre elles concernait une pilule contraceptive du nom d’Ovulen 21, et disait « Ovulen 21 fonctionne comme pensent les femmes, en jours de la semaine, et pas en jours du cycle ». Et cette femme souriante comme vous pouvez le voir a des cases dans la tête, et chaque case représente un jour de la semaine. Le lundi est le jour de la lessive, mardi le jour du repassage… Ceci date d’il y a longtemps, mais je savais que quelque chose n’allait pas dans cette pub. Je ne pouvais pas dire ce que c’était exactement mais je savais que quelque chose n’allait pas. Je l’ai emportée chez moi et je l’ai affichée sur le réfrigérateur. Puis j’ai commencé à rassembler  d’autres pubs et je les collais également sur le réfrigérateur, j’avais donc bientôt là un collage de pubs. Les amis qui venaient chez moi me demandaient « c’est quoi ça ? » et je répondais « pouvez-vous me le dire ? ». Et nous avons commencé à regarder ces images. J’ai commencé à voir un schéma dans ces photographies, une sorte de déclaration de ce que signifie être une femme dans cette culture. Mais je me suis beaucoup intéressée au sujet de la beauté et de l’image, à quel point cela donne du pouvoir aux jeunes femmes mais également à quel point cela est de courte durée et peu satisfaisant en fin de compte. Et j’ai continué à rassembler des publicités. En 1979 j’ai fait mon premier film, Killing us softly, qui se regarde encore à travers le monde. En 1987, j’ai refait ce film : Still Killing us softly.
 Nous voilà maintenant au début de ce nouveau millénaire. Je veux me pencher sur ce que j’ai dit dans les films précédents et voir ce qui a changé, et ce qui est resté pareil. Dans la première version de Killing us softly j’ai dit que je vous demanderais quelque chose qui n’a jamais été demandé auparavant, c'est-à-dire de prendre la publicité au sérieux. A notre époque nous prenons bien la publicité plus au sérieux. La publicité a augmenté de 20 milliards de dollars par an (1979) à 180 milliards de dollars par an (1999). L’Américain moyen est exposé à 3000 publicités chaque jour et passera 3 ans de sa vie à regarder des publicités à la télévision, seulement les publicités. Comme vous le savez, les publicités sont partout, à la radio, à la télévision, dans les journaux, les magazines, les panneaux d’affichage, les autocollants pour voiture. Une compagnie se glorifie de sa capacité de mettre des publicités « dans votre figure, partout » (in your face, all over the place!). Et en même temps tout le monde aux Etats-Unis se sent personnellement exempt de l’influence de la publicité. Où que j’aille, la chose que j’entends le plus est « je ne prête pas attention aux publicités, je fais la sourde oreille, elles n’ont pas d’effet sur moi. Le plus souvent j’entends cela de personnes qui portent des T-shirts Gap, mais cela une autre histoire. Il est assurément vrai, et plus vrai que jamais que la publicité est le fondement des mass-médias. Le but premier des mass-médias est de vendre des produits. La publicité vend des produits bien sûr mais elle vend également beaucoup plus que des produits. Elle vend des valeurs, elle vend des images, elle vend des concepts d’amour et de sexualité, de romance, de succès, et peut-être le plus important, de normalité. Dans une certaine mesure, la publicité nous dit qui nous sommes et qui nous devrions être.
Que nous dit la publicité sur les femmes aujourd’hui ? Elle nous dit, tout comme il y a 10, 20 et 30 ans que ce qu’il y a de plus important chez les femmes est leur apparence. La première chose que les publicitaires font est de nous entourer de l’image de l’idéal de la beauté féminine. Nous apprenons donc à quel point il est important pour une femme d’être belle, et ce que cela demande exactement. Les femmes apprennent très jeunes qu’elles doivent utiliser beaucoup de temps, d’énergie et par-dessus tout, d’argent, à s’efforcer d’atteindre cet idéal et ressentir honte et culpabilité quand elles échouent. Et l’échec est inévitable, car l’idéal est basé sur la perfection absolue. Elle n’a jamais de rides, elle n’a sans aucun doute aucune cicatrice, aucune imperfection. En effet, elle n’a pas de pores! En tout cas cette image idéale est devenue d’une perfection impossible à atteindre ces dernières années grâce à la magie du retouchage par ordinateur. Les ordinateurs peuvent faire beaucoup de choses. Pour les débutants, ils peuvent retoucher une photographie pour la rendre parfaite. Selon cette couverture de magazine, Michelle Pfeiffer n’a besoin d’absolument rien. Eh bien pas vraiment, selon la note de la compagnie de retouchage, qui décrit tout le travail qui a dû être fait pour la rendre acceptable pour cette couverture comme : nettoyer le teint, adoucir les rides aux coins des yeux, couper le menton, enlever les rides du cou. En plus de retoucher des photos de vraies femmes, les ordinateurs peuvent créer des femmes qui n’existent pas. Une couverture de Mirabella a fait figurer des parties de plusieurs femmes. Les lèvres d’une femme, les yeux d’une autre, le nez d’une autre encore, combinés pour former le visage parfait. Récemment une compagnie de graphisme informatique a présenté un mannequin entièrement crée par ordinateur. Pas une image fixe, mais une image mobile qui ressemble à une vraie personne. Bientôt nous n’aurons plus du tout besoin de mannequins. Et l’image idéale sera plus impossible que jamais. Cela n’aurait pas autant d’importance si ce n’était pas relié à la croyance au cœur de la culture américaine en la possibilité d’une telle transformation. Que nous pouvons ressembler à cela si nous faisons suffisamment d’efforts et achetons les bons produits. Si nous ne sommes pas belles, ou minces, ou riches ou si nous ne réussissons pas notre carrière, c’est juste parce que nous ne faisons pas suffisamment d’efforts. Et les recherches montrent clairement que cette image idéale affecte bien l’estime de soi des femmes et influencent la façon dont les hommes perçoivent les vraies femmes avec qui ils sont. Et le corps des femmes est encore, peut-être plus que jamais transformé en objets, en choses. Et bien sûr cela a des conséquences très sérieuses. Tout d’abord cela crée un climat dans lequel la violence envers les femmes est répandue et toujours accrue. Ici elle est devenue une bouteille d’alcool, avec le label imprimé sur le ventre. Je ne suis pas du tout en train de dire qu’une publicité comme celle-ci cause de la violence, ce n’est pas aussi simple. Mais cela fait partie d’un climat culturel, dans lequel les femmes sont considérées comme des objets. Et changer un être humain en un objet est presque toujours la première étape vers la justification de la violence à l’encontre de cette personne. Nous voyons cela avec le racisme, nous voyons cela avec l’homophobie, c’est toujours le même processus. Nous pensons que la personne est moins qu’un être humain et la violence devient inévitable. Et cette étape est déjà franchie en ce qui concerne les femmes. La violence, l’abus est donc en partie le résultat refroidissant mais logique de ce type de déshumanisation. Ceci est un problème pour toutes les femmes bien sûr, mais surtout pour les femmes de couleur, qui sont souvent littéralement montrées comme des animaux, habillées de peaux de léopard, d’empreintes d’animaux. Encore et toujours, le vrai message est «pas entièrement humain».
Il y a dix ans même les publicitaires ont reconnu cela, dans un éditorial mis dans Advertizing Age , leur majeure publication :
 
« Il est plus que temps que le sexisme soit éliminé des publicités pour la bière; que les brasseurs et leurs agences se réveillent et rejoignent le reste des Etats-Unis pour se rendre compte que le sexisme, le harcèlement sexuel, et la représentation culturelle de la femme dans la publicité sont inextricablement liés. »
 
Ici les publicitaires disent « oui nous vendons plus que des produits, oui les images affectent la réalité de nos vies, comment le contraire serait-il possible ? ».
 
Le corps des femmes continue à être démembré dans la publicité. A maintes reprises, une seule partie du corps est utilisée pour vendre des produits, ce qui est bien sûr la chose la plus déshumanisante que l’on puisse faire à quelqu’un. Non seulement elle est une chose, mais on ne se concentre que sur une seule partie de cette chose. La plupart du temps le centre d’attention est les seins car nous sommes dans une société obsédée par les seins. Et les seins sont utilisés pour vendre absolument tout.  On dit constamment aux femmes qu’elles doivent changer leur vie en augmentant le volume de leurs seins, et l’enjeu est considérable. « Votre mari aimerait-il que vous ayez une plus grosse poitrine ? » Si c’est le cas, l’insinuation est très claire : « vous ferez mieux de changer votre corps » _ par opposition à « changer votre mari ». Il y a 20 ans on nous disait d’utiliser des crèmes et des développeurs de poitrine qui était bien sûr complètement inefficaces. Dans des publicités comme celle-ci « : « je voulais vraiment une poitrine plus volumineuse pour l’été ».. Et ensuite on nous disait de porter des soutiens-gorge galbants. Mais de nos jours nous sommes sensées avoir recours à la chirurgie, aux implants mammaires : " La décision la plus importante que j’ai prise fut de choisir mon époux. La seconde, mon spécialiste de chirurgie esthétique". La plupart des femmes qui ont un implant mammaire perdent les sensations dans leur poitrine. Leur poitrine devient donc l’objet de plaisir de quelqu’un d’autre, et ne leur apporte plus de plaisir. La femme passe du sujet à l’objet. Et pourtant nous apprenons toutes très tôt que nos seins ne sont jamais bien comme ils sont.  « Vos seins peuvent être trop gros, trop tombants, trop plats, trop charnus, trop éloignés, trop rapprochés, trop bonnet A, trop de travers, trop pales, trop rembourrés, trop pointus, trop pendants, ou seulement deux piqûres de moustique. Mais avec les produits Dep, au moins vous pouvez avoir les cheveux que vous souhaitez".
Imaginez maintenant que vous êtes une petite fille qui voit une publicité comme celle-ci. Le message dit clairement que votre poitrine ne sera jamais comme il faut. Et les recherches montrent que l’estime de soi des filles dégringole quand elles atteignent l’adolescence. Cela n’arrive pas aux garçons mais cela arrive aux filles. Les filles ont tendance à être en accord avec elles-mêmes quand elles ont 8-9-10 ans mais quand elles atteignent l’adolescence elles se cognent dans un mur. Sans doute une partie de ce mur est-elle faite de l’importance accordée à la perfection physique. Le corps des hommes sont rarement démembrés dans la publicité. Plus qu’avant. Mais cette publicité était si choquante qu’elle a été diffusée dans tous les Etats-Unis. […] . Ce que ces publicités nous montrent clairement c’est que les femmes et les hommes vivent dans deux mondes très différents. Les hommes ne vivent pas dans un monde dans lequel leur corps est constamment examiné, critiqué et jugé, les femmes oui. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de stéréotypes qui font du tort aux hommes. Il y a plein de stéréotypes qui font du tort aux hommes, mais ils ont tendance à être moins intimes, moins reliés au corps. Tout est probablement résumé dans ce classique: « Un carat ou plus. Quand la réussite d’un homme devient la bonne fortune d’une femme », l’idée que les femmes ne sont que des aventurières. Ou comme cette publicité Wilson qui met en scène ce vieil homme et une jeune mariée : « Elle veut mon argent. Je m’en fiche ». Les stéréotypes nous nuisent , ils nuisent aux hommes, ils nuisent aux femmes et ils créent également de très mauvaises relations. Mais ils sont différents. Pour les femmes, ce qui importe le plus est notre apparence, peu importe ce que nous faisons d’autre. « Il vous a dit que la première chose qu’il a remarquée chez vous est votre personnalité. Il a menti ». Le message que les filles reçoivent très trop est que ce ne sera jamais « votre personnalité » qui sera le plus important. Et une anatomie que seulement 5% des américaines ont est la seule que nous voyons comme désirable ou acceptable. Cela est génétique. Un régime ne vous fera pas obtenir ce corps. Pas longtemps en tout cas. Pas plus que vous ne pouvez vous faire plus grande. Ces top-modèles sont très grandes, génétiquement minces, bien qu’elles s’affament souvent quand même, larges épaules, hanches étroites, longues jambes, et souvent petite poitrine. Quand les top-modèles ont de gros seins, c’est presque toujours parce qu’elles ont eu recours à la chirurgie. Ceci est une anatomie qui n’existe pas. Mais encore une fois, c’est la seule que nous voyons. Il n’est donc pas étonnant de constater ce terrible stress chez les femmes et les filles. The Bodyshop  a très bien fait cette remarque avec cette publicité récente : « Il y a 3 milliards de femmes qui ne ressemblent pas à des top-modèles, et seulement huit qui y ressemblent ». Et cela est proche de la vérité. On nous dit que les femmes ne sont acceptables que si elles sont jeunes, minces, blanches, belles, soigneusement pomponnées et vernies, et toute déviation de cet idéal rencontre beaucoup de mépris et d’hostilité. « Vous ne pensiez pas que vous aussi vous perdriez votre beauté » Regardez le réel mépris pour cette femme qui est montrée comme sans aucune valeur maintenant. Aujourd’hui le plus grand mépris est pour les femmes qu’on considère avoir le moindre surpoids, comme dans ce classique : « je ne me serais jamais mariée si je n’avais pas perdu 25 kilos ». Le message que les filles reçoivent dans notre culture aujourd’hui est le message dans cette publicité : « plus vous enlevez, plus vous rajoutez ». Quel message horrible. Ceci est une publicité de mode. Ils parlent de simplicité et de mode, mais la fille est également très mince. Ils parlent évidemment de filles qui restent très minces. Et en général, quand les filles atteignent l’adolescence, on leur dit qu’elles ne doivent pas avoir trop de pouvoir, elles ne doivent pas prendre trop de place : « bientôt vous deux prendrez moins de place », ne pas être trop imbues d’elles-mêmes, ne pas faire l’importante ». Il n’est pas étonnant qu’au moins une femme sur cinq aux Etats-Unis des troubles du comportement alimentaire, les plus communs étant l’anorexie et la boulimie. Et si vous définissez un trouble du comportement alimentaire comme toute attitude déséquilibrée envers la nourriture et l’appétit, alors le chiffre serait probablement plus près de 4 sur 5.
D’où vient cette image de la minceur, si ce n’est au moins en partie des images des médias qui nous entourent et qui nous disent que pour être acceptable, nous devons être douloureusement, anormalement minces?
Par rosebud - Publié dans : société
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Vendredi 10 août 2007 5 10 /08 /Août /2007 17:11

 

Une chanson écrite par mon copain chantée par moi. Ca s'appelle Plain.

 



 

 

Par rosebud
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Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /Juin /2007 13:34
Plusieurs choses m'ont incitée à reprendre du poids alors que j'étais anorexique:

La pression de l'entourage

Les remarques quotidiennes de ma famille et de mes camarades devenaient insupportables. Je voulais qu'on me voit comme quelqu'un de fort, résultat on ne voyait en moi qu'une malade. J'avais l'impression d'être totalement incomprise, et constamment je ressentais un sentiment d'échec. Les regards de pitié de mes profs ou des inconnus, qui au départ me faisaient plaisir parce qu'ils confirmaient le fait que j'étais maigre, m'irritaient à présent. Et j'étais constamment sous surveillance. Un jour ma mère m'a prise dans ses bras et j'ai senti qu'elle me tâtait les côtes pour voir si j'avais encore maigri.

La culpabilité

Je m'en voulais constamment pour mes habitudes d'anorexique et cela pour plusieurs raisons. Tout d'abord je voyais bien que mon comportement rendait la vie chez moi beaucoup plus difficile. Les repas étaient des moments de grande tension. Ma mère pleurait souvent ou se fâchait de me voir refuser les plats qu'elle avait préparés en espérant qu'ils ne m'effraieraient pas.
Ensuite je ne me sentais pas bien avec moi-même car je commençais à avoir l'impression que je n'allais nulle part, que je n'accomplissais rien. Je pouvais bien blâmer les filles superficielles qui passent leurs journées en pensées et conversations futiles, qui font attention à leur ligne, à leur apparence, leurs fringues... Je me disais soudain qu'à ma manière j'avais un comportement comparable. C'était quoi cette manie de me peser plusieurs fois tous les jours, de me toucher les os pour vérifier qu'ils sont bien saillants? Dans un sens je me sentais comme toutes les filles auxquelles je ne voulais pas ressembler à la base. Ma vie était aussi limitée que la leur, mon cerveau égalemnt focalisé sur une futilité. Ceci n'est plus mon avis aujourd'hui cependant. Bien que l'anorexie limite beaucoup la pensée, les anorexiques ne sont pas responsables de cela, et ne doivent pas culpabiliser. Il s'agît d'une maladie, les pensées que la maladie vous pousse à avoir n'ont rien à voir avec de la superficialité.

Pression/dépression

A toujours craindre les repas, prévoir ce que l'on va manger, ce que l'on ne va pas manger, dissimuler, mentir, etc... j'étais dans un état de tension très intense. Il ne se passait pas une seconde où je ne pensais pas à la nourriture, à mon poids. Je calculais le nombre de calories de ce que j'avais mangé ou de ce que j'allais manger. Si j'avais mangé cent grammes de tomates, je me disais: maintenant j'ai 40 calories à brûler. Je pensais que tout ce que j'avalais devait être consummé par l'activité physique sinon quoi je grossirais indéniablement. Je me disais alors: 40 calories doivent pouvoir se brûler au bout de10 minutes de marche rapide mais bon, pour avoir de la marge, au cas où, comptons 30 minutes. Et au final j'allais marcher une heure, puis enrevenant chez moi, j'astiquais le sol de ma chambre à genoux, dans le but d'être sûre d'avoir utilisé toute l'énergie que j'avais absorbée. Toujours cette peur irraisonnée de grossir. Cela est exténuant, insupportable. Je croyais devenir folle. Au début, penser à tout ça me rassurait, j'étais sûre d'avoir le contrôle, et puis je maigrissais et c'était assez grisant. Mais quand par la suite je me suis aperçue que les idées s'imposaient à moi désormais, je me suis dit qu'il il y avait un problème. "Alors c'est ça ma vie maintenant? Voilà dans quoi je me suis fourrée. Voilà le schéma dans lequel je me suis enfermée!" On voit vite les limites de ce mode de pensée. Si je me levais le matin, c'était pour maigrir. Comme si c'était devenu une fin en soi. C'était mon seul et unique objectif dans la vie. Le reste n'avait plus aucune importance. Je délaissais mes proches. Auparavant j'aimais écouter, jouer de la musique, regarder un film, passer une bonne soirée avec mon frère, je parlais, je riais. Je n'avais plus envie de tout ça. Ce n'était qu'une perte de temps. Et puis quand on arrête de faire toutes les choses qui nous plaisaient, on se met à avoir un certain recul face à elles. Après tout, pourquoi est-ce que je faisais ça?
Avec un corps, un cerveau dénutri et un tel mode de pensée, j'a vite ressenti un grand mal-être, une grande angoisse et une grande solitude. Je me souviens qu'il m'est souvent arrivé de fondre en larmes en plein cours tellement je me sentais assaillie par les pensées nihilistes, et une profonde tristesse. On m'a mise sous anti-dépresseurs: le Deroxat. Et je crois que ce médicament a été déterminant dans l'apparition de ma boulimie, mais après tout je n'en suis pas sûre à cent pour cent.


Je voulais également travailler pendant l'été. J'avais l'habitude de cueillir les courgettes de juillet à Septembre. Le médecin a dit clairement que je ne pouvais pas compter travailler dans les champs avec un poids de 35kg. Pas que je me sentais pas capable, j'avais l'impression de pouvoir travailler sans problème (alors que j'étais dispensée de sport à cause d'un IMC trop bas). Mais je me suis rendu compte que ma mère ne me laisserait jamais le faire. Or j'avais besoin d'un peu d'argent car on ne roulait vraiment pas sur l'or chez moi. J'étais au pied du mur en quelque sorte. La prise du poids me semblait imminente.



Mais jamais, jamais, je ne me suis dit qu'il fallait que je guérisse pour moi. Je m'y suis sentie OBLIGEE. Et je crois que cela n'est pas bon du tout. C'est cela qui a fait que je suis devenue boulimique (bnv)  par la suite. Je n'ai pas trouvé la force de me dire que je pouvais être bien. Je ne me suis pas dit "allez, c'est un nouveau départ" mais "voilà, les gens veulent que je grossisse, j'abandonne".


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Par rosebud - Publié dans : mon parcours
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /Mai /2007 20:35
J'ai reçu un mail de la part d'un allemand du nom d'Orlando qui a entrepris de traduire les vidéos d'Eniwekwe dans sa langue, et qui est tombé sur les traductions de mon blog. Il m'a proposé de les mettre directement en sous-titres des vidéos sur YouTube. Bientôt vous pourrez donc regarder les vidéos d'Eniwekwe sans vous heurter à la barrière de la langue. 100-4206.JPG
Par rosebud
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Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /Mai /2007 10:03

Je dois me rappeler de ne plus jamais ouvrir de journal gratuit. Ce que j'y vois a souvent le don de m'exaspérer. Je ne parlerai pas de la publicité de cette compagnie aérienne dont le seul argument de vente se trouve dans les cuisses d'une demoiselle en porte-jartelles et au regard aguicheur. Je ne parlerai pas du peu d'importance accordé aux sujets dignes d'interêt. Je ne parlerai pas non plus du fait que ces journaux ont pour seule et unique fin la diffusion de messages publicitaires. Je veux ici parler d'un seul article qui apparaît dans le Direct Soir n°147 du mercredi 9 mai 2007.

Il s'agît d'une interview. Celle d'une certaine Elena Lenina, dont j'entendais parler pour la première fois, mais que les personnes qui ont du temps à consacrer aux programmes de télévision stupides ont peut-être déjà vue.Titre de l'article: Elina Lenina: Le Charme russe. Et que nous vaut cette article? Lénina sort un nouveau torchon intitulé Séduire à la russe.

Tout est gerbant dans cet article. La façon dont elle se présente, dont elle présente son parcours, et dont elle présente son livre. Il suffit, pour se faire une idée, de lire sa réponse à la question "Quels sont vos secrets de séduction?". Ce qu'elle dit pourrait aussi bien être traduit comme suit:

Vous les femmes ne vivez que pour séduire et vous devez régler tous vos gestes en fonction, au détriment de relations spontanées et sincères. Cachez votre personnalité, elle ne plaira pas aux hommes. Sois belle et tais-toi, c'est exactement ça!

Quand on lui demande si cela ne manque pas de romantisme, l'experte répond que l'amour n'a rien à voir avec le romantisme mais s'explique en termes de biochimie, psychologie et anatomie. Tout cela est vrai et je n'ai pas d'objection à formuler sur ce point. Mais le problème c'est que Lenina utilise cet argument pour faire de la femme une poupée qui ne se préoccupe que de son apparence, calcule tous ses gestes et reste enfermée dans un schéma de vie extrêmement limité. Est-ce que les femmes doivent se mettre à genoux sous prétexte que l'amour relève de facteurs biologiques?

Ce genre d'article ne me pose pas de problème quant à ma façon de me comporter. Je n'ai pas la moindre envie de me plier à ce conformisme et j'aspire plus pour ma vie que de m'adonner à cette masquarade. Si tant de pression est mise sur les femmes pour qu'elles soient "parfaites", c'est à des fins commerciales.

Le problème que me pose ce genre d'articles est qu'ils sont lus par des gens qui n'ont pas le recul que j'ai. Ainsi ils contribuent à faire régresser les mentalités. Ce genre de préceptes se transmet de génération en génération comme elle le dit, et empêche les femmes d'avoir un rôle dans la société et de sentir qu'elles ont un rôle puisque l'on met dans la tête des femmes que c'est sur leur apparence qu'elles seront jugées. Ce livre sous-entend que les femmes sont asservies au désir des hommes, tout en leur faisant croire que c'est elles qui mènent la barque et qu'elles dirigent ainsi leur vie. Selon les propos de Lenina, c'est l'homme qui est manipulé parce que la femme connaît ce qui l'attire et sait le "conquérir". En réalité ni l'homme ni la femme n'y gagnent dans l'existence de ce rôle.

Je ne lis pas de magazines féminins et autres du genre, mais je me doute que l'article dont je parle n'est pas le seul à envisager la femme de cette façon, ce qui est d'autant plus triste

Je vous laisse apprécier la saveur de cet article par vous-même.

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Avec une mère cardiologue et un père chercheur en médecine, cette jeune femme née en Sibérie avait un destin tout tracé: obtenir le prix Nobel de (bio)chimie. Mais son physique spectaculaire et son sens du relationnel l'auront conduite sur un autre chemin, celui du show-business.

Elena Lenina: Le charme russe

Au delà de l'image qu'on a de vous, on vous connaît mal. Qui êtes vous?

Je suis la maman d'un petit garçon que j'entends préserver de ma notoriété. En plus d'être une mère poule je suis une grande bosseuse et, contrairement à ce que l'on pourrait penser, je suis pudique et j'ai une hygiène de vie imparable; je ne consomme ni alcool ni tabac et je mange bio.

Quel a été votre parcours?

Je suis issue d'une famille de scientifiques qui me destinait au même parcours, mais lorque j'ai fait du mannequinat on m'a proposé de travailler à la télé. J'ai rapidement monté ma propre société de production, d'abord de pubs puis d'émissions. J'ai notamment animé une émission qui s'appelait La fièvre des affaires ou j'accueuillais des businessmen. Je suis très attirée, presque passionnée par ceux qui ont réussi. J'aime connaître leur parcours.

En France on vous a découverte dans le jeu Nice People. Comment vous est venu le syndrôme de l'écriture?

Quand je suis sortie du jeu, on m'a presque obligée à sortir mon premier livre Cours, cours, camarade! (Michel Lafont) pour raconter mon parcours depuis la Sibérie. En fait j'ai tellement aimé ça que j'en ai écrit deux autres en français et plus encore en russe.

Comment est venue l'initiative de votre dernier livre Séduire à la russe!?

J'ai remarqué en vivant ici que les femmes russes avaient beaucoup de succès auprès des Français, ce qui irrite les Françaises. J'ai eu envie de livrer les secrets de séduction des Russes aux françaises et aux Européennes en général. Il est vrai qu'en Russie on nous enseigne depuis notre jeune âge à être féminine et à maîtriser les armes de la séduction. La priorité des femmes reste de réussir leur mariage.

Quels sont vos secrets de séduction?

Ils sont nombreux. Depuis la révolution féministes les Françaises sont beaucoup portées sur leur carrière - ce qui est une bonne chose -, mais au détriment de leur vie de couple. Alors qu'il y a des règles simples qu'il suffirait d'appliquer pour se rendre irrésistible. Par exemple il y a des gestes sexy à connaître, des couleurs à porter pour attirer l'oeil masculin comme le rouge ou le rose. A contrario, le marron et le beige ne sont guère avantageux. Il y a une façon de manger, des sujets de conversation à bannir avec les hommes... Dans un autre registre, il y a des aphrodisiaques culimaires ou chimiques faciles à maîtriser, ou encore les manipulations qui visent à cerner la psychologie de votre partenaire pour mieux répondre à ses besoins et ses attentes.

Tout ça ne manque-t-il pas un peu de romantisme?

Mais l'amour n'est pas une question de romantisme. C'est un ensemble de règles de biochimie, de psychologie, d'anatomie... L'amour n'a rien à voir avec l'image que l'on s'en fait enfant, c'est purement scientifique.

Extrait de Séduction à la russe

"Tous les jours, la femme russe se lève un quart d'heure avant son mari; elle se lave, se poudre et se coiffe de sorte que lorqu'il se réveille il l atrouve toujours parfaite. C'est le secret de l'amour éternel"

 

 

 

Par rosebud - Publié dans : Au jour le jour
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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /Mai /2007 17:54

J'ai crée un deuxième blog où j'ai mis des photographies de celui-ci, en noir et blanc. La photo m'amuse.  http://clicheuse.over-blog.com/

Par rosebud - Publié dans : Au jour le jour
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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /Mai /2007 13:50

Au point le plus avancé de l'anorexie, je me suis rendue compte que certaines personnes s'inquiétaient pour moi. Sans parler de ma famille, les professeurs également n'avaient plus le même regard envers moi, ils se concertaient entre eux et faisaient part de leurs inquiétudes aux autres élèves de la classe. Pendant un moment cela me plaisait: enfin, on faisait attention à moi! Je voulais qu'on me considère en tant que modèle de courage, de sainteté presque, de par mes résultats scolaires qui déjà très bons, avaient grimpé en flêche, et également pour mon refus de la nourriture. Je voulais afficher ma souffrance, prendre le rôle de martyre. Je refusais ce que le monde avait pour moi, et je voulais le crier haut et fort: "Regardez comme cette vie là ne me convient pas, regardez ce que ce monde fait de moi".

Avant d'être anorexique, je ressentais beaucoup de frustration quand je parlais aux gens qui m'entouraient. Je m'étais dit, avant d'entrer au lycée, que là au moins les élèves auraient quelque chose dans le caillou, qu'ils voudraient changer les choses, mais j'ai été bien déçue. Je faisais part de ma révolte et de mon insatisfaction aux gens autour de moi: je leur parlais des danger du capitalisme, de l'individualisme grandissant... mais il était clair que c'était  le moindre des soucis de tous mes interlocuteurs. Mes camarades de classe avaient d'autres sujets de conversation: vêtements à la mode, garçons... et je dois dire que ce ne sont pas des domaines dans lesquels j'excelle. Très vite mes camarades de classe ne m'ont plus consultée pour ce genre de problèmes, sans m'exclure de leur groupe pour autant, car j'étais "gentille". Les élèves m'insupportaient pour la plupart. Je les trouvais violents sans raison, je n'aimais pas leurs mesquineries, leurs attaques gratuites.

Chez moi ce n'était guère mieux. Un de mes frères me flanquait une baigne à chaque fois je faisais un commentaire dépréciatif sur son comportement (ce qui arrivait souvent), les repas se terminaient la plupart du temps en dispute générale, et avec les problèmes que ma famille rencontrait (cancer de ma mère, cancer, et décès de ma grand-mère, difficultés financières...), chacun était dans ses problèmes, il n'y avait que peu de communication. Je n'avais pas le comportement adapté pour gèrer les conflits, je manquais de recul, et j'étais trop impulsive. Alors ma présence n'arrangeait rien. Je ne me sentais à ma place ni à l'école, ni à la maison. J'avais l'im couleuvre-9.JPG pression de n'avoir personne à qui parler.

Alors je cherchais un guide parmi mes professeurs. J'ai commençé à utiliser les cours et les copies pour exprimer mon point de vue. Seuls les professeurs parlaient des choses que j'avais envie d'entendre. Oh, comme j'aimais écrire des rédactions d'anglais! Je suivais une option d'anglais renforcé, la seule matière dans laquelle nous avions à exprimer notre point de vue dans les copies (sujets d'actualité, socièté...). J'avais plein de choses à dire, et c'est cela qui a développé mon envie de bosser au maximum l'anglais, histoire de pouvoir exprimer mes idées correctement. Et le fait d'attirer l'attention des professeurs à cause de ma maigreur m'a juste confortée dans mes comportements autodestructeurs.

Par rosebud - Publié dans : mon parcours
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Vendredi 27 avril 2007 5 27 /04 /Avr /2007 15:33

Voilà une vidéo qui m'est un peu difficile à traduire car elle est surtout basée sur des images.  Alors vous devrez vous rendre sur YouTube à cette adresse: http://www.youtube.com/watch?v=3gsVIAgxPYk

J'ai traduit le début de la vidéo, mais c'est plus délicat pour le reste; Si vous avez des questions cependant, n'hésitez pas à me les poser.

 

Attention! Cette vidéo contient des photos très choquantes et ne convient pas aux personnes les plus sensibles.

Salut! Je suis de retour pour parler des TCA, et particulièrement de l'anorexie. Le sujet d'aujourd'hui concerne les photos que nous voyons tous sur internet. Je me suis dit de jeter un coup d'oeil. J'ai passé une journée à surfer sur Youtube, Google et tous ces charmants endroits pour voir ce qui se promène par-là. Et c'est malheureux, parce que c'est partout la même chose. Non seulement c'est extrêmement triste, mais c'est tellement célèbré, c'est un brillant mensonge que nous nous transmettons ici. Alors voilà ce que j'ai pensé. Je me suis dit "si nous voulons promouvoir l'anorexie grâce aux vidéos de "thinspiration" les photos et tout ça..." Je me suis dit "ils laissent beaucoup de choses de côté: pour les thinspirations ils utilisent  les photos de tous ces beaux mannequins, les photos retouchées sur photoshop de tous ces mannequins très maigres, et cela encourage fortement l'anorexie".

J'ai donc fait une "vidéo" à ma sauce et j'espère que vous allez l'apprécier. Celle-ci est un montage de photos qui, je pense, dresse un portrait plus juste des effets de votre TCA. Quand vous chercherez de la thinspiration vous pourrez venir pour regarder ceci. Ceci est un regard vrai et honnête. D'accord? Alors regardons les photos!

  trou-de-bombe.JPG

Par rosebud - Publié dans : Eniwekwe
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Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /Avr /2007 20:01

Chevaux-et-mare.JPG ... C'était ma punition pour avoir mis de la nourriture dans ma bouche. J'ai décidé qu'à chaque fois que je mettrais de la nourriture dans ma bouche je la sortirais des toilettes et je l'étalerais partout sur moi. Et même à ce stade je me disais que je n'avais pas de maladie mentale. Je continuais à penser "il y a des gens qui pèsent moins que moi, qui valent plus que moi, je veux les battre, je veux être meilleure qu'eux, plus mince, je veux être plus malade". Je passais mes jounées dans les toilettes, à mâcher sans jamais manger la nourriture dont mon corps avait besoin. Il m'arrivait de prendre 5 douches au cours de la même journée pour enlever toute la nourriture de mes cheveux et de mon visage.

On m'a dit que les anorexiques mourraient souvent pendant leur sommeil. Je me souviens qu'un jour je suis allée faire la sieste et quand je me suis réveillée mon coeur battait plus vite que jamais. Cétait comme si je venais de faire un marathon pendant des heures. Je ne sentais plus mes bras, mes jambes, je ne sentais plus mon corps, mon coeur frappait dans ma poitrine, et à ce moment-là je me suis rendue compte que j'étais bien en train de mourir de cette "maladie" que j'avais choisie au bout du compte. Alors que j'étais couchée, que je me sentais partir et que je sentais que mon corps était en train de s'arrêter, au lieu de penser à ma graisse ou à ma perte de poids, l'image qui m'est venue à l'esprit était celle de ma petite fille, ma belle petite fille, dans sa plus belle robe, au dessus de mon cercueil qui me regardait et pleurait sa maman, et sa maman ne pouvait pas arrêter ses pleurs. Cela a percé les vapeurs mon inanition, cela m'a apporté un moment de lucidité. Juste un moment cependant, juste une seconde de clarté, et grâce à cette clarté j'ai choisi de commencer à guérir. J'ai pasé beaucoup de temps à vraiment essayer de guérir après cet épisode, j'ai passé plusieurs années à travailler très dur, toute seule, sans être aidée. J'ai fourni un gros effort pour m'entraîner à digérer à nouveau, et je devais tout le temps aller à l'hôpital. Je souffrais de conséquences physiques tellement graves que je ne pouvais plus m'affamer, je devais manger et je devais rester en bonne santé, autant que possible, pour contrebalancer toutes les conséquences dont je pensais être exempte.

J'ai finalement été en état de m'inscrire à l'université, et je suis allée à l'école, mais j'y ai été incitée à nouveau parce que j'étais une étudiante sérieuse et perfectionniste. Le stress que me donnait mon envie d'être toujours parfaite avait un effet déclencheur. J'ai également eu un petit ami mais j'avais tellement peur qu'il me fasse du mal que je voulais être parfaite pour lui également. Je voulais être parfaite à l'école, je voulais être parfaite pour lui, je voulais toujours être parfaite et j'ai recommencé à avoir l'impression que tout échappait à mon contrôle, et j'ai recommencé à m'affamer. Mais cette fois c'était pire que jamais parce que je ne perdais plus de poids: mon métabolisme avait diminué. J'étais à nouveau prise au piège de cet état d'esprit, et je me souviens qu'un jour j'étais dans la salle de bains avec un couteau et un aspirateur à essayer de me faire une lipo-aspiration et à ce moment je me suis rendue compte que je n'avais plus aucune trace de santé mentale, j'avais donné tout mon pouvoir et ma santé mentale à ce TCA.

J'ai probablement essayé de guérir réellement 9 ou 10 fois avant de réussir quoi que ce soit. On m'a refusée à l'hôpital sous prétexte qu'ils avaient une responsabilité judiciaire et que si je mourrais ils seraient tenus pour responsables, on m'a dit que j'étais trop malade pour une thérapie en consultation externe, je n'étais pas assez malade pour être hospitalisée, aucune structure ne me soutenait. J'ai tout essayé, on n'a pas voulu de moi en hôpital psychiatrique. A la fin je me suis résignée à mourir de mon tca. Alors je me suis assise en face d'un ordinateur portable et j'ai écrit un livre, et ce livre parlait de mon trouble du comportement alimentaire du début à la fin. J'avais l'intention de mourir pendant son écriture et j'espérais qu'il soit publié et qu'il soit mon héritage. En écrivant ce livre, j'ai eu un autre moment de clarté. Je me suis dit "ce n'est pas une maladie. J'ai failli mourir beaucoup de fois, et je ne veux pas mourir". J'ai choisi de guérir et j'ai guéri pendant un court moment.  "Peut-être ai-je choisi la mauvaise voie. Peut-être que le traitement, ce n'est pas aller à l'hôpital comme une personne malade, peut-être que l'anorexie doit être traîtée comme on traîte une dépendance. Ce n'est pas une maladie, c'est une dépendance, j'ai le pouvoir d'arrêter et je vais le faire".

J'ai consacré ma volonté et ma vie à retrouver mon pouvoir. Quand une journée se passait mal, je ne la laissais pas m'inciter à replonger. Je me disais 'ce n'est qu'une incitation, ce n'est qu'un mauvais jour, ce n'est pas grave, il y a des mauvais jours, ça va passer".  J'ai vécu au jour le jour. Une sale journée n'était pas la fin de ma vie, c'était seulement une sale journée. Une bonne journée était un pas en avant. Et depuis j'envisage les choses au jour le jour, je pense à ce que j'aime, aux choses pour lesquelles je suis reconnaissante. Il m'arrive d'avoir des mauvais jours, il y a des jours où je ne veux pas manger mais je ne laisse plus ces journées m'atteindre. Je me dis "ce n'est rien, demain j'ai la chance de prendre un nouveau départ". Et c'est de cette façon que j'ai réussi à guérir. Cela a été un long voyage avec beaucoup de hauts et de bas mais ces dernières années la courbe va vers le haut, ce ne sont plus les montagnes russes. Cela ressemble plus à une ascension lente et régulière vers la santé et le bonheur. Je me suis rendue compte que le bonheur n'est pas quelque chose qui s'attend mais c'est quelque chose que l'on choisit. Le bonheur est un choix que nous faisons tous les jours.

Voilà mon histoire, j'espère que quelqu'un peut comparer son parcours au mien. J'espère que cela répond aux questions des personnes qui voulaient savoir comment cela s'était passé pour moi. Souvenez-vous que je ne suis pas différente de vous, et si je peux le faire, vous le pouvez aussi.

Par rosebud - Publié dans : Eniwekwe
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Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /Avr /2007 11:28

Au lieu de chercher à aller mieux pour avoir à nouveau ma fille dans mes bras, je passais tout mon temps à éviter toutes les choses douloureuses en m'affamant. Je passais chaque seconde à penser aux moyens d'éviter la nourriture, à penser à la nourriture. Je ne me rendais pas compte qu'il n'y avait aucun triomphe à ne pas manger, c'était un échec. J'abandonnais chaque jour un peu de ma vie, un peu de la femme que je devais être. Et à chaque livre que je perdais, je perdais un peu plus de la personne que j'étais censée être, mais ce n'est pas comme ça que je le voyais. Pendant l'hiver, je perdais un kilogramme par jour. Mes cheveux commencèrent à tomber. Je devenais si faible que je ne pouvais plus sortir sans être aidée par quelqu'un.

Si on me demandait quand était mon anniversaire je répondais "euh..."¨parce que mon cerveau manquait de nourriture. Et c'est seulement à ce moment-là, alors que je ressemblais à un zombie, une sorcière que j'ai été diagnostiquée comme souffrant d'anorexia nervosa. C'était donc 7 ans après que mes troubles du comportement alimentaires aient commencé à cause des critères: il faut perdre plus de 15% de son poids. J'ai fini par perdre ces 15%, "dieu merci !", Je pense que si une personne présente les signes d'un trouble du comportement alimentaire, il faut s'en occuper avant qu'elle ne perde tout ce poids. Il ne faut pas attendre qu'elle marche avec une canne. Il faut l'aider avant qu'elle n'arrive à ce stade. Je ne veux pas dire mon poids à l'époque. Il était très bas. J'étais techniquement anorexique, et quand je me regardais dans le miroir, je n'y voyais qu'un monstre énorme. Quand les gens me regardaient je ne pensais pas qu'il me regardaient parce que j'étais très maigre, je pensais que c'était parce qu'ils pensaient que j'étais un monstre hideux. Et je me souviens d'être rentrée chez moi en pleurant et d'avoir pleuré la nuit en pensant "mais pourquoi suis-je aussi laide? Pourquoi suis-je aussi grosse?". Et maintenant quand je regarde en arrière je me sens tellement triste. J'étais si maigre, et si malade et pourtant je me disais "tu es une vache". Cela va aussi loin. Je comprends, je comprends comme c'est difficile pour vous. J'étais à votre place. Je sais ce que vous traversez.

Je ne sortais plus. Je ne quittais plus ma maison sauf pour aller chez mon psy et à chaque fois je rentrais chez moi en me sentant horrible à cause de tous ces gens qui me regardaient. J'étais vraiment au plus bas à cette époque. J'ai eu une attaque cardiaque en février 2001 à l'âge de 20 ans. Mon coeur ne fonctionnait pas bien parce que je ne mangeais pas et que je perdais du poids très rapidement et de manière néfaste. Je me suis rendue compte que j'étais sur le point de mourir, j'ai donc demandé de l'aide à mon psy et cette fois j'ai vraiment montré que j'avais besoin d'aide. Mon psy m'a placée sur une liste d'attente pour un traitement d'un an et il a accepté de continuer à me voir en attendant.

Mon sang n'était pas bon et mon coeur était faible. Tout était en train de lâcher mais j'ai dû attendre pendant 12 mois. Ca m'a fait très peur de me rendre compte que j'allais mourir. Je devais faire quelque chose. Mon psy n'était pas d'une grande aide, j'ai donc arrêté de le voir et j'ai décidé de guérir toute seule. Sachant que j'étais tout près de la mort, j'ai utilisé cela pour me motiver à retrouver la santé parce que je me suis rendue compte que je ne voulais pas être morte après tout. J'avais l'impression que je retournais sur le droit chemin, je redevenais une bonne mère, et je me sentais bien.

Mais un an après la mort de mon amie j'ai reçu un coup de téléphone d'un hôpital; on me demanda si je voulais participer à une thérapie de groupe. Et j'ai répondu oui parce que je voulais continuer à aller mieux et que j'étais prête à chercher de l'aide partout afin de continuer à guérir. Alors j'allais à cette thérapie de groupe toutes les semaines et j'étais entouré par un groupe d'anorexiques et de boulimiques qui étaient très actifs dans leur maladie et qui n'était pas encore en voie de guérison, et ils eurent une grande influence sur moi. Il y avait de la compétition, il y avait beaucoup de jalousie entre tout le monde. J'ai alors commencé à passer la semaine entre les séances à essayer de maigrir afin que la semaine suivante je sois la fille la plus maigre présente. Voilà à quel point mon esprit est devenu tordu. Tout le monde était content pour moi parce que je suivais une thérapie de groupe. Je ne disais pas "vous savez quoi, la thérapie de groupe me donne vraiment envie de prendre un nouveau départ".

 J'ai décidé de le cacher et de tout garder pour moi. J'allais diner chez ma mère et bien sûr j'utilisais l'astuce de la-nourriture-dans-la-serviette. Je disais aux gens "oh il est est déjà huit heures". Je demandais pardon pour mon comportement. Je n'avais aucun contrôle sur mon attitude. Au bout de 5 semaines de thérapie de groupe, j'ai été renvoyée pour m'être moquée d'une personne qui souffrait de boulimie, que je considérais comme le point le plus bas. J'étais devenue très mesquine. J'étais à nouveau dans un état épouvantable. Retour à la case départ et même pire parce que maintenant mes reins commençaient à se boucher, je n'avais plus mes règles, j'avais des tonnes de problèmes. Je n'arrivais plus à aller aux toilettes. Je devais porter des protections toutes la journée parce que je ne contrôlais plus ma vessie. On voyait mes os, j'avais de moins en moins de cheveux et tout ce à quoi je pensais c'était au point auquel j'étais grosse. Je voulais qu'on voit à l'extérieur de moi la façon dont je me sentais à l'intérieur. Morte, je me sentais morte à l'intérieur, tellement morte. Je voulais que les gens me voient comme le monstre hideux que j'étais parce que c'est comme cela que je me voyais. J'étais hideuse, je n'étais rien, je n'étais rien. Il y avait quelque chose qui n'allait pas chez moi, j'étais défectueuse en quelque sorte et je voulais que les gens le voient. Et en même temps je voulais n'être vue par personne, je voulais être invisible. D'abord j'ai été jalouse des topmodels, ensuite j'ai été jalouse des autres anorexiques, puis j'en suis même venue au point où je regardais des squelettes et j'en étais jalouse, jalouse des squelettes. Ohé Kat, où es-tu? Où est-ce que j'étais? Je ne sais pas, mais c'est ce que je ressentais.

J'ai commencé à chercher des gens comme moi. J'ai rejoint le mouvement pro-ana. Je n'avais plus aucun contrôle sur mon comportement et mon esprit était si tordu que je n'avais plus d'amis, plus de famille. Personne ne voulait avoir affaire à moi. Ma soeur m'appelait pour me dire que j'allais lui manquer quand je serais morte. Pour ma famille, j'étais déjà morte. Je me souviens d'avoir appelé ma mère qui m'a répondu "je ne peux plus, je ne peux pas être là à te regarder mourir, tu es ma petite fille". Et au lieu de me sentir mal et de vouloir m'excuser, j'ai seulement pensé "très bien, va te faire foutre, de toute façon je suis trop occupée à perdre du poids, va-t-en de mon chemin".

J'ai attendu le programme jusqu'à ce qu'on me dise "encore 6 mois et vous pourrez participer". Deux semaines après avoir reçu la nouvelle que je devais attendre encore 6 mois, mon médecin m'a dit "tu veux vivre encore 3 mois? Parce que c'est tout le temps que tu peux encore espérer vivre si tu n'arrêtes pas". Tout ce qui pouvait se détraquer dans mon corps se détraquait. J'ai ri à la pensée que j'allais mourir. Malgré tout ce qui m'arrivait, j'ai ri. Quelqu'un d'aussi vile, d'aussi vain et laid que moi allait obtenir le doux soulagement de la mort, je trouvais ça heureux. Alors que je pensais que j'étais au point le plus bas, j'ai commencé quelque chose ce jour-là qui me hantera le restant de mes jours. Je me sentais si merdique que j'ai pris un tas de nourriture, je l'ai mâchée et l'ai crachée dans les toilettes et ensuite j'ai regardé la nourriture, je l'ai prise et je l'ai étalée sur tout mon visage, dans mes cheveux, et sur mon corps...

Par rosebud - Publié dans : Eniwekwe
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